"A quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l'un de leurs rites consiste à ce qu'il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain. Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de des études de droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l'insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais.

Il la revoit une fois, bien des années plus tard. Il se met alors pour comprendre, à "écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : "Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération (...) que j'aurais moins bien su camoufler que les autres ?"

Rien à ajouter à cette quatrième de couverture qui résume parfaitement le roman. Avec beaucoup d'humilité et un vrai recul sur l'histoire de son pays, Michaël s'interroge sur la culpabilité d'une génération et d'une nation face aux atrocités qui ont été commises contre les Juifs : "Nous ne devons pas nous imaginer comprendre ce qui est inconcevable, nous n'avons pas le droit de comparer ce qui échappe à toute comparaison, nous n'avons pas le droit de questionner car celui qui le fait, même s'il ne met pas les atrocités en doute, en fait néanmoins un objet de communication, au lieu de les prendre comme une chose devant laquelle on ne peut que s'imposer le silence de l'horreur, de la honte et de la culpabilité. (...) A quelle fin et juqu'à quel terme ? (...) On condamnait et châtiait quelques rares individus, tandis que nous, la génération suivante, nous nous refermions dans le silence de l'horreur, de la honte et de la culpabilité".

Il s'agit aussi de la culpabilité de Michaël face à Hanna, à cette femme qu'il a aimé mais qu'il ne peut que condamner : "Je voulais à la fois comprendre et condamner le crime d'Hanna. Mais il était trop horrible pour cela. Lorsque je tentais de la comprendre, j'avais le sentiment de ne plus le condamner comme il méritait effectivement de l'être. Lorsque je le condamnais comme il le méritait, il n'y avait plus de place pour la compréhension. Mais en même temps, je voulais comprendre Hanna; ne pas la comprendre signifiait la trahir une fois de plus. Je ne m'en suis pas sorti. Je voulais assumer les deux, la compréhension et la condamnation. Mais les deux ensemble, ça n'allait pas."

J'ai trouvé la première partie sur la relation entre Hanna et Michaël un peu longue et je me suis bien demandée où l'auteur voulait nous emmener. Par contre, tout prend sens par la suite et l'écriture de Bernard Schlink avec toute sa réserve frappe au coeur. Une lecture forte et marquante !

L'avis de lilly, de Karine et de Flo