Au fil des pages

Je suis sûrement tombée dans une marmite de livres quand j'étais petite. Depuis, je dévore... J'espère via ce blog partager mes coups de coeur (et mes coups de gueule) littéraires avec d'autres lecteurs

30 novembre 2007

Les Oeufs / Charles Gancel

Ce soir, c'est le second rendez-vous du club lecture pour adulte que j'anime avec une collègue à la bibliothèque. Toutes les 6 semaines, nous nous retrouvons autour d'une thématique. Au programme, ce soir : les avis des uns et des autres sur une sélection de nouvelles présentée lors de la dernière rencontre.

A cette occasion, j'ai découvert Charles Gancel, avec Les Oeufs. Les 9 nouvelles de ce recueil ont pour point commun le monde de l'entreprise. Gancel, avec une plume efficace, sait créer une ambiance : tension, mal-être, connivence. Ces histoires sont assez cruelles, dénonçant la cupidité, l'abus de pouvoir et la solitude de ces personnages. C'est surprenant (surtout pour moi qui ne connaît rien de rien au monde de l'entreprise !!) et percutant.

Entre un président de société qui compare les effets psychologiques d'un dessous de table au plaisir d'un étalon en rut; une employée de banque qui découvre les petits jeux pervers de ces collègues; un ancien directeur de vente remercié qui braque une arme sur son ancien patron..., ce sont 9 histoires à la fois tragiques, comiques et déroutantes que nous dépeint Charles Gancel, lui-même dirigeant d'un cabinet spécialisé dans l'intégration culturelle des entreprises.

Les avis de Clarabel et Tamara

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28 novembre 2007

les Petits pains au nuage / Baek Hee-na

Aux premières gouttes de pluie qui les réveillent, deux frères se précipitent pour saisir un petit bout de nuage accroché à une branche. Ils le rapportent avec mille précaution à leur maman afin qu'elle leur confectionne de délicieux petits pains au nuage. Petits pains qui ont la vertu de rendre tout léger et ainsi de pouvoir s'envoler, ce qui sera d'une aide précieuse à Papa Chat, coincé dans les embouteillages.

Voilà un album "coup de coeur" que je viens à l'instant de déguster avec ma puce de 4 ans. Tout d'abord, on est attiré par le graphisme. L'auteur coréen a confectionné "des décors en 3D, dans lequel il a inséré des personnages en 2D avant de les prendre en photo". Cela rend l'histoire très réelle, comme un tableau dans lequel on aimerait être. C'est un album délicat, léger, poétique et vraiment original. Camille a adoré !!

Les Petits pains au nuage / Baek Hee-na. Didier jeunesse, 2006.

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25 novembre 2007

Semper Augustus / Olivier Bleys

Ville de Haarlem (Pays-Bas) dans les années 1630.

Le pays est pris d'une ferveur sans précédent pour le marché de la tulipe. Certains bulbes atteignent des prix extravagants et beaucoup de gentilhommes de l'époque misent leurs quelques biens pour obtenir une de ces fleurs. C'est le cas du fils aîné de la famille Van Deruick, Wilhem. Au départ de son père, parti chercher fortune aux Amériques, il devient chef de famille et décide de quitter une destinée plutôt miséreuse en se plaçant sous la protection d'un négociant réputé, Paulus Van Bereysten.

Ce dernier lui fait découvrir le monde des tulipiers, des cavernes enfumées où se négocient le prix de chaque bulbe. En échange de cette invitation dans un monde inconnu, il attend de Wilhem une totale dévotion et de gros sacrifices personnels et financiers. Peu à peu, ce seigneur se joue de lui et de sa famille, pour au final, le défaire du seul bien financier qui lui reste, sa maison.

Olivier Bleys, avec une écriture soignée et détaillée, nous fait découvrir un monde "cynique et implacable" où les "grands" de cette époque se jouent de la misère et des espoirs des plus faibles. Si l'histoire m'a accroché au départ, mon intérêt s'est pourtant émoussé sur la fin du récit. La déconvenue du jeune Wilhem et sa naïveté face au piège tendue par Van Bereysten m'ont finalement lassés. Cependant, j'ai apprécié le style de l'auteur qui retranscrit à merveille l'ambiance, les liens de famille et les codes sociaux de l'époque.

Semper Augustus / Olivier Bleys . Gallimard, 2007.

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21 novembre 2007

Petit tour en librairie...

Jusqu'à présent, je n'ai pas dévoilé grand chose sur ma petite vie....juste peut être que je travaille dans une bibliothèque.

Donc voilà, je suis responsable d'une médiathèque dans une petite ville de la région nantaise. Je ne vais pas vanter tous les plaisirs que me procure mon travail mais il a quand même un avantage pour une LCA comme moi, c'est de pouvoir me rendre en librairie régulièrement et de revenir avec le coffre de la voiture chargé de mille trésors.

Demain, direction la librairie jeunesse "Les Enfants Terribles" à  Nantes pour une matinée de pur bonheur. Il reste dans les caisses de la médiathèque une somme assez rondelette qui va me permettre de choisir avec ma collègue une centaine d'albums, romans, contes et documentaires en tout genre.

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19 novembre 2007

Derniers achats...

* Pierre qui roule / Donald Westlake - Rivages/noir.

* Loin de Chandigarh / Tarun J Tejpal - Le livre de poche

* Le Ventre de l'Atlantique / Fatou Diome - Le Livre de poche

* Dans la main du diable / Anne-Marie Garat - Actes Sud (Babel).

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16 novembre 2007

Le Liseur / Bernhard Schlink

"A quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l'un de leurs rites consiste à ce qu'il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain. Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de des études de droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l'insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais.

Il la revoit une fois, bien des années plus tard. Il se met alors pour comprendre, à "écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : "Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération (...) que j'aurais moins bien su camoufler que les autres ?"

Rien à ajouter à cette quatrième de couverture qui résume parfaitement le roman. Avec beaucoup d'humilité et un vrai recul sur l'histoire de son pays, Michaël s'interroge sur la culpabilité d'une génération et d'une nation face aux atrocités qui ont été commises contre les Juifs : "Nous ne devons pas nous imaginer comprendre ce qui est inconcevable, nous n'avons pas le droit de comparer ce qui échappe à toute comparaison, nous n'avons pas le droit de questionner car celui qui le fait, même s'il ne met pas les atrocités en doute, en fait néanmoins un objet de communication, au lieu de les prendre comme une chose devant laquelle on ne peut que s'imposer le silence de l'horreur, de la honte et de la culpabilité. (...) A quelle fin et juqu'à quel terme ? (...) On condamnait et châtiait quelques rares individus, tandis que nous, la génération suivante, nous nous refermions dans le silence de l'horreur, de la honte et de la culpabilité".

Il s'agit aussi de la culpabilité de Michaël face à Hanna, à cette femme qu'il a aimé mais qu'il ne peut que condamner : "Je voulais à la fois comprendre et condamner le crime d'Hanna. Mais il était trop horrible pour cela. Lorsque je tentais de la comprendre, j'avais le sentiment de ne plus le condamner comme il méritait effectivement de l'être. Lorsque je le condamnais comme il le méritait, il n'y avait plus de place pour la compréhension. Mais en même temps, je voulais comprendre Hanna; ne pas la comprendre signifiait la trahir une fois de plus. Je ne m'en suis pas sorti. Je voulais assumer les deux, la compréhension et la condamnation. Mais les deux ensemble, ça n'allait pas."

J'ai trouvé la première partie sur la relation entre Hanna et Michaël un peu longue et je me suis bien demandée où l'auteur voulait nous emmener. Par contre, tout prend sens par la suite et l'écriture de Bernard Schlink avec toute sa réserve frappe au coeur. Une lecture forte et marquante !

L'avis de lilly, de Karine et de Flo

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15 novembre 2007

Pascal Rabaté

J'ai eu le plaisir de rencontrer cet auteur lors d'un stage sur la Bande dessinée à Angers au mois de juin. Il sait partager avec ses lecteurs des histoires simples, de la vie de tous les jours, de celles de nos voisins, avec tendresse et humour. Je connaissais de lui, Les Petits Ruisseaux, bande dessinée dont j'avais apprécié le ton et l'histoire.

Dans Les Petits Ruisseaux, Rabaté nous décrit avec tendresse les déboires d'un petit vieux pour (re)trouver l'âme soeur et partager un peu plus que de l'amitié. Entre les moqueries de ses copains de troquet et une rencontre amoureuse improbable, ce papy attachant se lance un nouveau défi. C'est drôle et touchant et traite d'un sujet plutôt tabou : la sexualité chez les personnes âgées.

Les petits ruisseaux / Pascal Rabaté. Futuropolis, 2006.

Tout autre chose avec Ibicus. Cette adaptation du roman de Alexis Tolstoï (et non Léon) est dûe au hasard. Pascal Rabaté déniche le roman dans un vide-grenier mais découvre peu après sa méprise. Il ne s'agit pas de Léon Tolstoï mais d'Alexis. Déçu, il oublie ce livre mais le reprend une nuit d'insomnie et là, révélation...il adaptera ce roman en bande dessinée. Rien à voir avec le style précédent puisque on ne reconnaît pas vraiment le coup de crayon habituel de Rabaté.

Donc, il s'agit des aventures de Simon Nevzorof, un peu "looser" mais qui profitera du chaos de la révolution russe en 1917 pour  (tenter) de changer sa vie. Cette BD est une vraie saga, plutôt haletante.

Ibicus (l'intégral, 1 à 4) / Pascal Rabaté - Vents d'ouest, 2006.

Dans La Marie en plastique, Pascal Rabaté et David Prudhomme nous racontent l'histoire des Garnier, dans un village du Maine et Loire. Le quotidien de cette famille est rythmé par les brouilles incessantes des grands parents:  Edouard, communiste convaincu et Emilie, chrétienne pratiquante. Le couple ne se parle presque plus et tout s'aggrave le jour où la Vierge Marie en plastique (souvenir de Lourdes) d'Emilie se met à pleurer des larmes de sang. La famille va devoir faire face à ce "miracle" qui devient vite encombrant !

Rabaté s'amuse avec les clichés et j'ai bien ri à la lecture de cette BD en 2 volumes. Le trait est un peu forcé mais on sent une tendresse de l'auteur pour ses personnages malgré un dessin assez "sec".

La Marie en plastique (2 volumes) / Pascal Rabaté et David Prudhomme. Futuropolis, 2006-2007.

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14 novembre 2007

J'abandonne...

Mon PC aura eu raison de moi ce soir. Je n'arrive pas à publier un billet avec photos. Et que ça rame, et que ça rame, et que ça plante....

Arghhhh !! J'espère que tout sera rentré dans l'ordre demain. Sur ce, je retourne à mes lectures....

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11 novembre 2007

Les Charmes discrets de la vie conjugale / Douglas Kennedy

douglas

Hannah Buchan vit dans l'Est américain dans les année 70. Fille du très reconnu progressiste John Winthrop Latham, elle décide, malgré les réticences de ses parents, de se marier avec un futur médecin, Dan Buchan et d'abandonner études et projets à l'étranger pour suivre son mari dans une petite ville perdue du Maine. Hannah devient très vite maman et se morfond dans cette vie ennuyeuse et totalement prévisible. Jusqu'au jour où débarque à l'improviste un jeune révolutionnaire, Toby Judson. Camarade de son père, professeur à la fac, Toby cherche un toit pour la nuit. Hannah accepte de l'accueillir (Dan est en voyage) et apprécie de pouvoir discuter ouvertement avec cet homme, comme à la fac, comme dans une existence qui lui semble lointaine : politique, liberté de ton, elle peut s'exprimer ouvertement. Avec lui, le temps d'une nuit, elle retrouve le plaisir d'être écoutée et aimée. Oui, mais voilà, les activités illicites de Toby l'entraînent dans une virée au Canada, en pleine nuit avec son bébé et sous la contrainte.

Trente ans plus tard, alors qu'elle mène une vie bien rangée de professeur de lettres au lycée, que ses 2 enfants (Jeff et lizzie) ont grandi, le passé la rattrape brutalement. Sa fille disparait mystérieusement et Toby Judson, revenu de ses activités révolutionnaires et passé du côté des ultra-conservateurs, édite un livre où il revient sur ses activités lointaines et fait allusion à la complicité d'Hannah dans sa fuite vers la Canada. C'est le point de départ de grands chamboulements dans la vie d'Hannah. Elle doit faire face aux réactions de sa famille ultra conservatrice, de la presse 'bien pensante' américaine, de son mari qui remet en cause leur mariage.

Je suis très partagée sur ce roman de Douglas Kennedy. J'ai bien cru abandonné à plusieurs reprises. Tout d'abord, j'ai trouvé les 170 premières pages assez ennuyeuses. Il faut dire qu'elle retracent la vie d'Hannah au début de son mariage et que cette vie morne et bien rangée n'est pas très excitante et intéressante. L'arrivée de Toby Hudson réveille un peu tout ça mais j'ai eu dû mal à "m'accrocher" au personnage d'Hannah, elle se plaint beaucoup mais n'essaye pas vraiment de changer les choses. La deuxième partie du roman consacrée à sa vie dans l'après 11 septembre m'a aussi laissée pensive. Alors que sa fille dépressive a disparu, elle est confrontée aux réactions ultra conservatrices de la presse américaine, de son fils (patriote convaincu), sur ses propos concernant le droit à l'avortement, son infidélité passée...Elle est vraiment sous pression constante avec ça et j'ai l'impression que l'auteur a forçé le trait. Finalement, la disparition de Lizzie est presque anecdotique et semble un prétexte.

Bref, même si je comprends que l'auteur a voulu dépeindre une Amérique en proie à des valeurs plus que discutables, c'est abordé sans finesse et cela en devient lourd au fil des pages.

Les Charmes discrets de la vie conjugale / Douglas Kennedy. Belfond, 2005

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06 novembre 2007

Les Larmes de l'assassin / Anne-Laure Bondoux

Il s'agit de la rencontre improbable entre un truand et un jeune garçon, Paolo Poloverdo. Au bout du bout du monde, tout au Sud du Chili, là ou la mer, le vent et le ciel ne font qu'un, Angel Allegria débarque dans une pauvre fermette où il tue les parents mais décide d'épargner l'enfant. A partir de ce geste, rien ne sera comme avant pour cet homme. Un lien inaltérable se crée avec Paolo. Une seule chose l'inquiète : que le petit se détache de lui. Jusqu'au jour où un voyageur, Luis Secunda, s'installe près d'eux. Les deux hommes vont alors se disputer l'affection du petit...

J'ai beaucoup apprécié cette lecture. Au delà l'histoire proprement dite, c'est le besoin de rédemption d'Angel et son attachement au petit Paolo qui m'ont le plus touché. Le style de l'auteure est à la fois simple et poétique. Anne-Laure Bondoux sait, à merveille, retranscrire les émotions et nous les transmettre. Une très belle découverte !!

Les Larmes de l'assassin / Anne Laure Bondoux - Bayard jeunesse, 2003.

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