Sarah a 10 ans. Le 16 juillet 1942, des hommes de la police française débarquent dans son appartement et demandent à ses parents de les suivre. Pensant revenir très vite, elle décide de cacher son petit frère Michel dans un placard, avant de suivre ses parents. Mais Sarah ne reviendra pas, elle est transférée comme des milliers d'autres juifs vers le vél' d'hiv' puis vers un camp d'internement près d'Orléans. La majorité des juifs déportés (surtout des femmes et des enfants) sera exterminée dès son arrivée à Auschtwitz. Sarah, seule, a pu fuir et cherche désespérement à rejoindre Paris et retrouver ce petit frère auquel elle a promis de revenir.

C'est à travers les yeux d'une journaliste américaine, Julia, chargée d'enquêter sur la rafle du vel d'hiv' que l'auteur retrace la destinée de la petite Sarah. On suit à la fois l'horreur vécu par cette petite fille et la vie de cette journaliste, son obstination à découvrir la vérité sur Sarah et sa famille, quitte à briser son couple.

On se doute bien, dès les premières pages que Sarah ne reverra jamais ce petit frère et c'est avec effroi et horreur que j'ai lu ces premières pages.  Les chapitres entremêlés entre l'histoire en temps réel de Sarah et l'enquête de Julia distillent les évènements peu à peu et j'ai souvent eu envie de "zapper" les chapitres concernant la journaliste pour être au coeur de l'histoire de la petite Sarah.

Mon sentiment est ambivalent concernant le personnage de Julia. Je l'ai trouvé certaine fois trop présent, effaçant presque Sarah et à d'autre moment, bienvenu, éclairant la vision actuelle de cet évènement tragique, la difficulté de certaines familles à se libérer du passé, la honte de ne pas avoir parler. L'obstination et le courage de cette femme à faire renaître le passé est étonnant et touchant. Par contre, j'ai été déçue par la fin du roman, qui tourne essentiellement autour de Julia et sa rencontre avec le fils de Sarah. Cela n'apporte pas grand chose à l'histoire et je reste un peu sur ma faim, j'aurais aimé en savoir davantage sur Sarah adulte.

N'empêche que ce roman m'a beaucoup ému et qu'il sera un des livres marquants de 2007 pour moi.

Les avis partagés de Laure, Chiffonette, Clarabel, Sylire, Anne. Il y en a sûrement d'autres. N'hésitez pas à me les faire connaître, je rajouterai les liens.

Elle s'appelait Sarah / Tatiana de Rosnay. Héloïse d'Ormesson, 2007.