Il existe au Quai des Orfèvres un service chargé des Suicides. Celui du Lieutenant Guérin, et de son adjoint Lambert, abandonnés au sous-sol et raillés par leurs collègues policier. Malgré l'affaire Kowalski qui l'a conduit au « placard » des suicidés, Guérin accepte une nouvelle mission et passe des heures aux archives pour élucider sa Grande Théorie. Il semble qu'un trio (deux hommes et une femme) soit à l'origine de plusieurs suicides, devenus du coup, suspects mais aucune preuve, aucun indice ne viennent appuyer la thèse du Lieutenant. Seul, à la limite de la folie, il est appelé sur le cas d'un suicide particulier : celui d'un fakir américain, Alan Mustgrave. Il fait alors connaissance d'un de ses amis, John Nichols, un franco-américain, qui a quitté son tipi installé dans une forêt du Lot pour Paris afin de comprendre le geste d'Alan.

« Tout se délitait, les éléments s'atomisaient. L'imperméable jaune avait grandi, ou bien Guérin s'était tassé sur lui-même. Churchill boudait, la dépression le rongeait. Son appartement était devenu un mausolée à la mémoire de sa mère, gardé par un perroquet neurasthénique. Plus de colère, plus de ricanements, le silence. Guérin avait perdu le fil. Ne restait qu'une simple parenté entre sa condition et celle du monde : un chaos sans complot, une masse complexe oscillant entre l'auto-organisation hasardeuse et la désintégration anarchique. Finalement, dans un tel merdier, tout pouvait faire sens. Croire suffisait à donner forme aux illusions. Mais la foi devait se partager. Dehors, on tuait avec méthode, trois fous peut-être. Personne ne l'aiderait à les trouver »

J'ai aimé ce roman policier très, très noir. Un scénario plutôt simple mais des personnages complexes et torturés à souhait, une atmosphère tendue, un décor original entre un Paris sombre et nocturne et une vallée du Lot douce et ensoleillée.

Fakirs / Antonin Varenne, Viviane Hamy, 2009.