Au fil des pages

Je suis sûrement tombée dans une marmite de livres quand j'étais petite. Depuis, je dévore... J'espère via ce blog partager mes coups de coeur (et mes coups de gueule) littéraires avec d'autres lecteurs

13 juin 2008

La rivière à l'envers / Jean-Claude Mourlevat

J'ai enfin découvert Mourlevat grâce au titre que m'a offert Lujéna lors du dernier swap littérature jeunesse organisé par Gawou et Mélanie.

Tomek et Hannah se sont rencontrés par hasard, alors que la jeune adolescente était à la recherche de la mystérieuse rivière Qjar. La légende veut que cette rivière qui coule à l'envers donne l'immortalité à celui ou celle qui parviendra à l'atteindre et à goûter de son eau. Commence alors une longue aventure et de nombreuses rencontres pour Tomek et Hannah : ils devront traverser la forêt de l'oubli, parcourir des océans, des déserts arides; ils rencontreront le peuple des Parfumeurs, les habitants d'une île inexistante et d'autres personnages tout aussi iréels.

Voilà un roman qui a coup sûr plaira aux plus jeunes et à tous ceux attirés par le merveilleux et les contes. Nos deux héros accumulent les rencontres toutes aussi extraordinaires les unes que les autres. Mourlevat est un grand conteur, il sait adapté le rythme de son récit au caractère de ses personnages. J'ai trouvé le premier volume, consacré au périple de Tomek, moins enthousiasmant, plus lent. Tomek subit plus qu'il ne vit cette histoire alors que le tome 2 est plus enlevé. Hannah est attachante pour le courage et la persévérance dont elle fait preuve.

La rivière à l'envers (Tome 1 : Tomek. Tome 2 : Hannah) / Jean-Claude Mourlevat. Pocket, 2000-2002

Merci encore Lujéna !!

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27 janvier 2008

CSU : le phénix / Caroline Terrée

Csu - Csu, T2

Kate Kovacs est agent du FBI et dirige une unité spéciale, le CSU (Crime Support Unit), chargée de résoudre des affaires criminelles au Canada, en complément de la police locale.

Dans ce volume, Kate et son équipe enquêtent sur l'incendie criminelle de l'église de Squamish, près de Vancouver. Tous les soupçons portent sur la secte du Phénix, installée à quelques kilomètres de la ville. Mais très vite, l'agent Novack découvre qu'on lui cache des informations importantes et décisives pour découvrir le ou les coupables.

Roman policier pour ados (à partir de 12 ans) simple mais efficace. Certes, il ne renouvelle pas le genre, pas de rebondissements extravagants (au moins pour ce volume) mais une lecture plaisante, basée sur une "vraie" enquête policière avec tous les ingrédients du genre : étude psychologique des personnages (Kate semble être "profiler"); intervention de la police scientifique, avec moults analyses. Ce qui fait vite penser à certaines séries TV. D'ailleurs, le découpage du roman en courts chapitres (2 à 5 pages maximum) rappellent les séquences de ces séries, d'autant plus qu'ils démarrent par l'heure et la date de l'action en cours.

Sur son site , (et dans une interview mise en ligne sur le site lirado), l'auteur précise  que dès le départ, elle souhaitait un concept qui puisse à la fois être un roman et être adaptable à l'écran. Elle construit chaque roman de la série sous cet angle.

CSU : le phénix / Caroline Terrée. Milan, 2005 (Macadam) - (6 volumes déjà parus)

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09 janvier 2008

Fils de Guerre / Xavier-Laurent Petit

Fils de guerre

Ex-Yougoslavie. Dans un camp de réfugiés, de janvier à avril 1996, le jeune Jozef confie son histoire. Celle d'un jeune garçon de 12 ans pris dans la fureur de la guerre.

Jozef habite dans un village perdu au coeur des montagnes. Il vit de peu, entouré de ses parents et de son grand frère Tadéus. Tout s'effondre le jour de la naissance de sa soeur. La petite Nahalia nait avec une tache de vin sur le bras, signe de malédiction et d'infamie. A partir de là, toutes les catastrophes qui s'abattent sur le village (sécheresse, incendie) sont reprochées à cette famille et Jozef devient le bouc émissaire de ses petits camarades. Au loin, la guerre gronde, encore une vague inquiétude pour cette petite communauté, jusqu'au jour où les hommes de la Poliet débarquent. Tous les hommes valides doivent sur le champ rejoindre le front pour le "bien de la nation". Un seul manque à l'appel, l'instituteur du village, Aloïs Vlassian, qui a rejoint la maquis.

Au fur et à mesure des jours, la guerre se rapproche et la famille, mise à l'écart du reste du village, doit s'exiler dans la montagne. Tadéus reproche à sa mère la venue de cette petite soeur. Il devient de plus en plus agressif, dénonce les maquisards et à 15 ans est enrôlé dans l'armée. Devenu sergent quelques semaines plus tard, c'est lui qui viendra chercher les enfants du village, dont le petit Jozef, pour en faire un enfant-soldat, un de ceux qui seront envoyés en première ligne, [comme "engins" de déminage pour permettre aux troupes de contre-attaque de passer].

J'ai lu ce livre d'une traite et je l'ai refermé la gorge nouée. La tension qui pèse sur le petit Jozef est palpable et croissante au fil des pages : haine de ses camarades et des villageois, départ de son père sans un regard, fureur des éléments : sècheresse, incendie, puis tempête de neige et froid comme un prémice aux horreurs de la guerre qu'il va subir. Comment se reconstruire ? Quel avenir pour ces enfants ?

Préambule de l'auteur : "je n'ai jamais rencontré Jozef, l'adolescent qui est au coeur de ce roman. C'est en refermant un livre bouleversant sur les jeunes combattants du conflit Irak-Iran, en 1980, que j'ai pour la première fois pensé à son personnage. Jozef n'était alors qu'une silhouette assez floue qui, peu à peu, a pris vie au fil de mes recherches. Mais surtout, il s'est enrichi d'une rencontre imprévue avec quelques collégiens dont les familles avaient fui l'ex-Yougoslavie en guerre. Jozef a gagné ce jour là sa raison d'être. S'il est comme on dit, le fruit de mon imagination, certains en conclueront qu'il n'existe pas. Erreur ! Il est bien vivant. Des centaines de milliers de Jozef sont bien vivants. Là, quelque part dans le monde, à portée d'avion, ils sont les trop jeunes otages d'un pays en guerre. De ces pays dont le nom revient quelques jours durant ou quelques semaines. Et puis, insensiblement, presque malgré nous, les images s'effacent et les noms s'oublient jusqu'à n'être plus que de vagues souvenirs. Et cependant, Jozef est toujours là, lui, à tenter de survivre dans cette région imprécise des Balkans où se situe son histoire. Mais ce pourrait être aussi bien au Congo qu'en Iran, au Cambodge qu'en Algérie, au Kosovo ou bien ailleurs. Loin de cet oubli, ce que veulent tous les Jozef, c'est vivre. Tout simplement.

Fils de guerre / Xavier-Laurent Petit. Ecole des Loisirs (Médium), 1999.

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21 décembre 2007

Les Larmes noires / Julius Lester

Les larmes noires

Très gros coup de coeur pour ce roman de Julius Lester !

1859, dans une plantation de Georgie, Etats-Unis. Pierce Butler, propriétaire d'une gigantesque plantation de coton décide de vendre la quasi-totalité de ses esclaves pour couvrir ses énormes dettes de jeu. Le jour de cette vente (la plus grande de toute l'Amérique) plus de 400 personnes seront vendues, dont Emma, 13 ans, la nounou des enfants Butler

Inspiré de faits réels, ce livre est un petit chef d'oeuvre. Ecrit comme une pièce de théâtre, chaque évènement est relaté tour à tour par les différents personnages : Emma, ses parents, le maître Butler, la petite Sarah et sa soeur Frances... Ce découpage rend le propos alerte et direct. Derrière une haine froide et contenue, on ressent toute la douleur d'Emma, de sa famille et des autres esclaves qu'elle côtoie.

Mais tout les "Blancs" ne sont pas si mauvais puisque Monsieur Henry et l'ex madame Pierce vont venir en aide à Emma et son mari. C'est sur une note positive que se termine cet ouvrage très fort.

A lire absolument !!

Extrait:

La cuisine

(La cuisine de la maison de Pierce Butler. C'est le soir. Des bruits de voix et des rires s'échappent de la salle à manger. Mattie (mère d'Emma) se tient devant les fourneaux. Elle prépare le repas. Dans un coin , affaissée sur une table, la tête sur son bras replié, Sarah dort)

Mattie : quand j'ai entendu crier cette petite, j'ai compris que quelque chose d'horrible était arrivé. Je l'ai entendue de loin, et plus elle se rapprochait, plus son cri était fort. Je me suis précipitée dehors. Elle est descendue de la diligence avant même que celle-ci soit complétement arrêtée. "Papa a vendu Emma! Papa a vendu Emma!". Elle sanglotait. Maitre Butler n'osait pas me regarder. Il a soulevé Frances du sol et l'a transporté jusqu'à la maison comme s'il avait peur qu'elle vienne me rejoindre, elle aussi. [...]

Will devait aller panser et nourrir les mules. Moi, je devais m'occuper du banquet du maître. Il avait invité plein de monde à venir célébrer tout l'argent qu'il avait gagné  en vendant ses esclaves. "Allez retrouver votre papa, maintenant, Mademoiselle Sarah", j'ai dit. "Je le hais!" elle a répondu en secouant la tête. Je ressentais moi-même une telle colère vis à vis de cet homme que je n'ai pas insisté. Si ma colère s'était transformé en flammes, tout aurait brûlé autour de moi. [...] Je ne savais pas qu'on pouvait être à la fois triste et emplie de rage. Quand je pense au maître, j'ai l'impression que mon sang est en train de bouillir dans mes veines. Et tout de suite après, je pense à Emma et les larmes me montent aux yeux. Will m'a expliqué qu'une dame du Kentucky l'avait achetée. Seigneur, aie pitié de mon enfant! je t'en supplie.

Les Larmes noires / Julius Lester. Hachette jeunesse, 2007

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14 décembre 2007

L'Amour en chaussettes / Gudule

L'amour en chaussettes

Delphine a 15 ans. Et elle est tombée raide amoureuse de son prof de dessin. Trop occupée par ses rêves d'adolescente, elle ne voit pas vraiment Arthur, ce grand nunuche bègue, sympa mais si effacé, si "mou", bien loin de l'idée qu'elle se fait du mec idéal !

Mais le jour des grandes désillusions, c'est à Arthur que Delphine va se confier. Lui-même, si taciturne, va dévoiler un peu de sa vie. Peu à peu, Delphine comprend qu'au delà des apparences, c'est un garçon plutôt réfléchi et que finalement, elle se sent proche de lui. et c'est avec lui qu'elle va découvrir l'Amour !!

Sous forme d'un journal intime, dans un style simple et direct, Gudule aborde sans tabou la première expérience sexuelle d'une adolescente. Ce sacré évènement est amené avec beaucoup d'humour et de tendresse, sans rien omettre des petits "désagréments" de la première fois. Ce n'est pas non plus le coeur du livre qui aborde avant tout le quotidien et les interrogations d'une ado plutôt bien dans sa peau.

J'ai bien aimé la démarche de l'auteur et son écriture simple et directe parle sans conteste à bon nombre d'adolescents (enfin, je crois...:))

L'Amour en chaussettes / Gudule. Thierry Magnier, 2006 (1ère édition en 1999)

L'avis de Choupynette

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