Au fil des pages

Je suis sûrement tombée dans une marmite de livres quand j'étais petite. Depuis, je dévore... J'espère via ce blog partager mes coups de coeur (et mes coups de gueule) littéraires avec d'autres lecteurs

21 août 2009

Malavita / Tonino Benacquista

Les Blake, famille américaine, s'installent à Cholong sur Avre en Normandie et découvrent leur nouvelle demeure en pleine nuit. Pas banal comme déménagement mais cette famille n'est en rien ordinaire. Le père, Frédérick, de son vrai nom Giovanni Manzoni, n'est autre qu'un ancien mafiosio repenti sous protection du FBI, recherché par toute la mafia italo-américaine pour avoir fait tomber le parrain du clan.  Après un passage à Paris puis sur la Côte d'Azur, les voilà maintenant en Normandie.

Mais, Frédérick/Giovanni semble vouloir changer. Après avoir découvert une vieille machine à écrire, il décide de devenir écrivain, d'écrire ses Mémoires et de raconter sa vie de mafioso - pour les voisins, ce sera un énième essai sur le débarquement américain. Mais ce n'est pas si simple pour lui de devenir un "simple" citoyen et d'oublier ses "méthodes" même pour régler les menus problèmes de la vie courante. Le plombier s'en rappelle encore ! Bien vite, son passé le rattrape et met à feu et à sang la tranquille ville de Cholong sur Avre.

J'ai découvert Tonino Benacquista avec "Saga", puis "Le Serrurier volant" et à chaque fois, j'ai adoré mais là, j'avoue, je suis un peu déçue.  Un début prometteur, des passages qui m'ont fait sourire, une fin "explosive" mais rien de jubilatoire pour moi. J'aurai aimé un scénario plus travaillé, une fin moins attendue. Tant pis !

Malavita / Tonino Benacquista. Gallimard, 2004. Il existe une suite : "Malavita encore".

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19 août 2009

Les mains gamines / Emmanuelle Pagano

La femme d'un viticulteur renommé de la région doit, à sa demande, organiser une soirée qui réunira les anciens élèves de CM2 de son mari. Fragilisée par un mal d'oreille entêtant mais surtout par ce rôle imposé de femme au foyer sans enfant  qu'elle ne supporte plus, elle demande l'aide d'Emma, sa femme de ménage. A son étronnement, celle-ci refuse dans un premier temps, alors qu'elle aussi est une ancienne de cette classe de 1979.

" J'ai mal à l'oreille, ça gratte, mais vraiment. J'ai mal tout le temps. J'ai mal tout l'espace. Dedans, dehors, où que j'aille, même avec un casque sur les oreilles et de la musique dedans pour me calmer. On dirait que ça me gratte en bougeant. Un bourdonnement parfois amplifié, selon comment je me tiens. Une rumeur grésillante, insupportable. Il y a un bruit dans le grattage. J'ai un bruit dans ce qui me fait mal. Un bruit de profondeur, revenant. Et je sens quelque chose rayer cette rumeur, rayer l'intérieur de mon oreille."

Emma est un mystère pour elle, surtout depuis qu'elle a découvert un carnet lui appartenant sur laquelle Emma écrit de drôles de poèmes.

"Ce n'étaient pas des poèmes de couchers de soleil, de fleurs assorties, de midinettes. C'étaient des mots aussi denses et bruts que son visage ingrat, aussi humides que ses yeux bleus. Des glacis, des cailloux, des chemins de terre, un monde à part, un monde entier dans ce carnet. Des petits chemins, presque des sentes, et qui sentaient mauvais, qui sentaient le mauvais souvenir. Des ratures et des corrections, et une langue, une grammaire, réinventées à chaque phrase pour parler des mains obsédantes, des mains gamines et d'un sexe aux lèvres cousues, d'un sexe de toute jeune fille hérissée de piquants [...]".

Paroles de femmes autour d'Emma : la mère de Claude et de son frère, anciens élèves de l'école ; l'institutrice de cette classe de CM2, maintenant pensionnaire de la Maison de retraite où Emma travaille également; Mathilde, petite fille de 10 ans, qui à son tour va faire sa rentrée en CM2.

De mots qui sonnent comme des confessions, des remords; des mots de femme sur la douleur du sang, du sexe féminin; des mots qui tissent une histoire commune. La langue de ce roman est superbe, imagée, en lien avec la nature qui l'entoure : la vigne, les bogues des chatâignes et pourtant elle nous raconte une histoire terrible, qui nous glace.

J'ai vraiment, vraiment beaucoup aimé la poésie de ce livre qui, sans adoucir la violence des actes qu'il décrit, apaise.

Les Mains gamines / Emmanuelle Pagano. POL, 2008.

Le très beau billet de Sylvie ici, d'Antigone .

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10 août 2009

L'Enfant des ténèbres / Anne-Marie Garat

20 ans après Dans la main du diable, nous retrouvons Camille (Millie), devenue jeune femme,  de retour à Paris après avoir été élevée aux Etats-Unis. Après avoir perdu un ami très cher, Camille Bertin-Galay revient incognito sur ses terres natales, en espérant trouver enfin sa voie, une raison d'exister. Elle a également promis à Jos, sur son lit de mort, de retrouver sa famille en Hongrie. Mais, nous sommes en 1934. L'Europe est en pleine effervescence, en pleine crise économique et politique. Les Bertin-Galay sont toujours de prospères industriels, Pierre, un éminent chercheur, Gabrielle, heureuse d'avoir réussi malgré les blessures de 14-18 mais pourtant, une nouvelle fois, chacun d'entre eux va se retrouver pris dans les filets de l'actualité.

Complots politiques, lutte anti-fasciste, leur histoire nous plonge dans les luttes souterraines et intestines d'avant la guerre 1939-1945. Les personnages secondaires de "dans la main du diable" - Pauline et Elise, jeunes filles anciennement employées dans la maison des Bertin-Galay;  Simon Lewenthal, directeur des industries familiales -  sont au premier plan au côté de Camille dans ce second volume.

Il m'a fallu près de 250 pages avant de prendre réellement plaisir à la lecture de ce roman et c'est bien dommage ! Malgré une histoire complexe, riche, bien documentée, une écriture de qualité,  on se noie dans le "bavardage" du roman : les descriptions détaillées des états d'âmes des "nombreux" personnages coupent le récit et le fil des évènements. J'ai bien failli lâcher ce roman mais l'envie de connaître la destinée de Camille a été la plus forte. A priori, 2 autres volumes sont annoncés mais là, je ne suis pas sûre de replonger !   

L'Enfant des ténèbres / Anne-Marie Garat. Actes Sud, 2008 (647 pages)

L'avis d'Aifelle

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03 août 2009

Un brillant avenir / Catherine Cusset

Helen vit aux Etats-Unis depuis 15 ans maintenant après avoir fui la Roumanie avec Jacob, son mari et Alexandru, son fils. Partis de rien, ils ont réussi dans ce pays libre et accueillant. Helen est même devenue la vie-présidente de la société qui l'a accueilli. Elle espère tellement de son fils que le jour où il lui présente Marie, une jeune française pas réellement au goût de ses parents, tout s'écroule. Pourquoi Helen et Jacob refusent-ils cette union ? Quelles peurs les effraient ?

Leur histoire depuis leur jeunesse en Roumanie jusqu'à leur exil dans différents pays puis leur arrivée aux USA nous donnent des clés pour tenter de comprendre leurs réactions plutôt paradoxales. J'ai été à la fois agacée par Helen, ses réactions emportées, son hyper-sensibilité mais également touchée par son courage et sa volonté pour devenir une femme "libre" et  son amour "maladroit" pour son fils. Ce roman est un portrait touchant d'une femme aux mille facettes.

Un Brillant avenir / Catherine Cusset. Gallimard, 2008.

Les avis de Solenn, Cuné, ...

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16 juillet 2009

Fume et tue / Antoine Laurain

Coup de coeur pour ce roman noir que j'avais repéré sur la blogosphère il y a un petit moment maintenant grâce à la sélection du Prix Landerneau 2008.

Fabrice Valantine est chasseur de tête pour une boîte prestigieuse, marié à une critique d'art, tout semble lui sourire. Jusqu'au jour où sa société décide d'appliquer la nouvelle loi anti-tabac. C'est que notre homme est accro à ses 2 paquets de Benson quotidien depuis qu'il a 17 ans. Sur les conseils d'un ami et sous la pression de sa femme, il décide de se rendre chez un hypnotiseur. A son réveil, l'envie de s'en griller une est toujours là mais le plaisir de fumer a complètement disparu. Alarmé, Valantine découvre par hasard que celui-ci revient uniquement après avoir tué quelqu'un. Solution certes radicale mais ....

Ah là là, voilà un roman jubilatoire. Moi, qui ai arrêté de fumer seulement il ya quelques semaines en raison de tous mes problèmes de santé, je me suis retrouvée complètement dans l'analyse du personnage sur sa relation avec cette ami fidèle, toujours là, qu'est la cigarette. Ce petit plaisir très personnel. Bon, heureusement, elle ne m'a jamais donné des envies de meurtre (quoique quand on en a plus..). Tout le talent de l'auteur est d'avoir trouvé une histoire originale autour de ce thème et de la traiter avec beaucoup d'humour noir et d'ironie. Dès le premier chapitre, j'ai compris que je ne lâcherai pas le bouquin et ça, j'adore !!

Extrait p.14: "Lorsqu'on débute une carrière de fumeur, on n'est en général que l'assassin de soi-même. Par la force des choses, je suis devenu le meurtrier des autres. En cela, ne voyez nul effet du "tabagisme passif", dans le domaine du meurtre, j'ai été actif. Très actif."

Fume et tue / Antoine Laudrain. Editions Le Passage, 2008.

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30 mai 2009

La Petite cloche au son grêle / Paul Vacca

Il partage avec sa mère le bonheur des promenades le long de la Solène, le parfum des fleurs. Mais, le jour où ils découvrent ensemble Proust, une fenêtre - où le temps s'arrête - s'ouvre à eux. Car, le fragile bonheur familial va vasciller. Alors, dans un grand geste d'amour, ce jeune garçon et son père vont, à travers l'univers de Proust, offrir de beaux moments à leur trio, avec la complicité de tout un village.

Une histoire un peu surréaliste (tout un village qui joue "Du côté de chez Swann" !) certes mais une histoire comme je les aime. Simple, pudique, touchante. Un très beau moment de lecture qui me laisse un peu sonnée, le coeur serré.

La Petite cloche au son grêle / Paul Vacca. Philippe Rey, 2008.

Grâce à Blog-O-Book, un grand nombre de billets sur ce roman réunis ici

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17 mai 2009

La Première habitude / Françoise Lefèvre

Elle s'appelle Marie et nous écrit son histoire depuis une sordide chambre de bonne qu'elle occupe à Paris. A 20 ans, Marie vit avec Raphaël, un artiste-peintre sans le sou. Ils mènent une vie de bohème, traversant les frontières selon les rencontres, les clients potentiels. Marie sait que cela ne pourra toujours être ainsi, elle accepte pourtant les absences nocturnes de Raphaël pour une autre, elle sourit devant le sommeil apaisé de la petite Cécile qui est arrivée entre temps. Peu importe la misère, le froid, la faim, elle n'attend qu'un regard de lui, une preuve de son amour qui ne vient jamais. Elle sait qu'il la quittera bientôt.

Ce roman autobiographique est lumineux, poétique. J'ai retrouvé dans ces lignes la même volonté de défier la vie que dans "le petit prince cannibale". Une écriture à la fois forte et fragile, une véritable quête de soi, de l'Autre, un rapport primitif à la Terre, aux racines. Autant de sensations et de doutes que Françoise Lefèvre nous fait partager. On ressent ici combien les mots peuvent "sauver" celui qui les couche sur le papier.  J'ai beaucoup, beaucoup aimé. Merci Anne ! 

L'avis de Florinette (qui a aussi beaucoup aimé!)

La Première habitude / Françoise Lefèvre. Edition poche J'ai lu, 2000. Edité pour la première fois en 1974 chez Pauvert, il a obtenu la même année le Grand Prix des Lectrices ELLE)

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06 mai 2009

Le Coeur cousu / Carole Martinez

Au Sud de l'Espagne andalouse, à une époque où les femmes vivent le plus souvent cachées au coeur des maisons, Frasquita reçoit de sa mère, lors d'une nuit sans lune, une précieuse boîte en bois, qui va lui donner un don :  celui de savoir donner vie à travers la couture au plus misérable bout d'étoffe, dans un quotidien où la couleur est bannie et où les femmes portent le deuil à vie. A partir de ce jour, elle trouvera sa force et le chemin de sa destinée grâce à ce fabuleux don. Mais n'est-ce pas plutôt une malédiction ? Car chacune des filles de la famille recevra un jour dans ces mains ce coffret et le cadeau empoisonné qui scellera en même temps sa vie.

C'est ainsi que la dernière fille de Frasquita, par le don de l'écriture, raconte la terrible histoire de sa mère et de sa famille : la folie du père puis leur transhumance à travers l'Espagne et leur rencontre avec des révolutionnaires, les destins marqués de chacun des enfants de la famille et leur passion pour en découdre avec la vie.

Ce roman est une véritable épopée empreinte de magie, de passion, de colère, de violence et de déraison dans un paysage aride, sec comme le coeur parfois de cette femme, Frasquita, à la fois envoûtante et mystérieuse. Je me suis laissée embarquer sans aucun problème dans cette fresque familiale, ce tourbillon. Une écriture envoûtante (je ne trouve pas d'autres adjectifs), forte, colorée. J'ai basculé dans un autre univers, une autre dimension le temps de cette lecture et j'en suis ravie.

Le coeur cousu / Carole Martinez. Gallimard, 2007 (édition poche folio 4870, 2009)

Extrait : p.391 : "Depuis le premier soir et le premier matin, depuis la Genèse et le début des livres, la masculin couche avec l'Histoire. Mais il est d'autres récits. Des récits souterrains transmis dans le secret des femmes, des contes enfouis dans l'oreille des filles, sucés avec le lait, des paroles bues aux lèvres des mères. Rien n'est plus fascinant que cette magie apprise avec le sang, apprise avec les règles. Des choses sacrées se murmurent dans l'ombre des cuisines. Au fond des vieilles casseroles, dans des odeurs d'épices, magie et recettes se côtoient. L'art culinaire des femmes regorge de mystère et de poésie. Tout nous est enseigné à la fois : l'intensité du feu, l'eau du puits, la chaleur du fer, la blancheur des draps, les flagrances, les proportions, les prières, la mort, l'aiguille, et le fil...et le fil." [...]

Une multitude de billets sur ce roman, primé de nombreuses fois, à découvrir ici grâce à l'excellent travail de  Blog-O-Book

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02 mai 2009

Lune captive dans un oeil mort / Pascal Garnier

Un couple de retraités, Martial et Odette, vient de s'installer dans une résidence neuve et surprotégée de la Côté d'Azur. A la fois un peu perdus dans ce nouveau lieu de vie et contents d'avoir quitter leur palichonne banlieue, ils attendent avec impatience que les autres propriétaires s'installent à leur tour dans une maison semblable à la leur. D'autant que le gardien est un drôle de gars bourru qui n'aime pas particulièrement "taper la causette". Bientôt rejoints par Maxime et sa femme Marlène, puis par Léa la célibataire, ils décident, avec l'aide d'une animatrice, d'organiser des journées récréatives et conviviales. Mais, derrière ce bonheur de façade au soleil du Midi, apparaîssent peu à peu les faiblesses, les secrets et les défaillances de chacun.

Comme toujours  avec Pascal Garnier, on se fait happer dès les premières phrases. A quel moment tout bascule ? Je ne le sais jamais. Chaque personnage, chaque portrait est finement et subtilement dessiné, les chapitres courts et les dialogues percutants font monter la tension peu à peu. A chaque fois, quel talent pour décrire les travers de notre société avec autant de justesse et le brin de noirceur et d'ironie qu'il faut  ! C'est vraiment un de mes auteurs favoris !

Extraits (mon livre est truffé de post-it, dur de choisir !! ) :

"Odette avait envie d'apprendre quelque chose mais elle ne savait quoi. L'Italien, l'ikebana, le yoga, la danse orientale, la cuisine turque...N'importe quoi du moment que ce fût quelque chose de nouveau. Tout ce temps à présent... C'était comme la traversée d'un long dimanche. Le temps lui appartenait, à elle, rien qu'à elle, elle pouvait en faire ce qu'elle voulait. Cependant, cet immense territoire vierge dont on lui faisait cadeau n'était qu'un gros glaçon flottant sur un océan de vide qui fondait davantage chaque jour. C'était un peu angoissant, elle avait peur de gâcher. Elle n'avait pas l'habitude, c'est encombrant la liberté."

Lune captive dans un oeil mort / Pascal Garnier. Zulma, 2009

Les avis de Valdebaz, d'In Cold Blog, Cathulu, Keisha, Brize...

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29 avril 2009

Le Nez sur la vitre / Abdelkader Djemaï

Lors de mon séjour au CHU, j'ai eu la visite des bénévoles de la bibliothèque de l'hôpital. Elles sont passées peu après mon retour du service de réanimation. Je n'étais donc pas forcément en état pour discuter littérature mais je n'ai pas pu m'empêcher de jeter un oeil à leur chariot. J'ai choisi ce court roman, que je n'ai lu que bien plus tard.

Le nez à la vitre du bus qui l'emmène vers cette grande métropole du Sud de la France pour rejoindre un fils qu'il ne voit plus, un homme se remémore son enfance au bled juqu'à ce jour qui n'en finit pas. Il a connu les vieux cars poussifs et poussiérieux, il goûte aujourd'hui à ce car climatisé qui file à toute vitesse sur l'autoroute et qui donne le rythme à l'évocation de ses souvenirs, au fossé qui s'est creusé avec ce fils absent, aux silences devenus pesants.

Comme une parenthèse dans le temps, il voit défiler sa vie alors que le monde continue d'avancer autour de lui. Je me suis retrouvée dans cette sensation. J'ai aimé ce texte court et pudique où l'économie des mots donne toute l'émotion du texte.

Le Nez sur la vitre / Abdelkader Djemaï. Le Seuil, 2004.

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